AXE 3 : Identification d’indicateurs de fragilité cutanée

Projet 3A. Signature moléculaire des effets tardifs sévères de la radiothérapie. Responsable du projet : J. Lamartine

La peau est une cible directe des stress environnementaux. La sensibilité cutanée au stress varie énormément d’un individu à l’autre. L’identification des individus hypersensibles aux radiations ionisantes est un enjeu majeur pour prévenir les effets secondaires de la radiothérapie.  Nous établissons une signature moléculaire et épigénétique de la radiosensibilité cutanée aux radiations à partir de fibroblastes de patients ayant montrés des séquelles tardives de radiothérapie. Nous voulons également mieux comprendre les bases mécanistiques de cette radiosensibilité et proposer des stratégies de dépistage des individus à risque. Cette approche peut être proposée pour d’autres stress environnementaux : stress climatiques, pollution de l’air, lumière visible, polluants chimiques, radiofréquences.

Publications récentes de l’équipe sur ce thème :

– Dulong J, Kouakou C, Mesloub Y, Rorteau J, Moratille S, Chevalier F, Vinasco-Sandoval T, Martin MT, Lamartine J. NFATC2 modulates radiation sensitivity in dermal fibroblasts from patients with severe side-effects of radiotherapy. Front Oncol. 2020 Dec 16; 10:589168.

– Vulin A, Sedkaoui M, Sevenet N, Moratille S, Soularue P, Rigaud O, Guibbal L, Dulong J, Jeggo P, Deleuze JF, Lamartine J, Martin MT. Severe PTCH1 expression deficiency in cancer-prone Gorlin cells results in intrinsic radiosensitivity. Int J Radiat Oncol Biol Phys. 2018 Oct 1;102(2):417-425

Marquage des cassures de l’ADN (en vert)
dans des fibroblastes de peau après irradiation

Projet 3B. Altération neurovasculaire cutanée et risque d’escarres chez les patients paraplégiques et diabétiques. Chefs de projet: B. Fromy & D. Sigaudo-Roussel

Les escarres et leur traitement représentent l’un des problèmes cliniques les plus difficiles auxquels sont confrontés les patients âgés, diabétiques, atteints de troubles neurologiques ou souffrant d’une lésion médullaire chronique (paraplégie). Nous avons précédemment montré que la neuropathie sensorielle périphérique est associée à l’incidence et la sévérité des escarres (Gaubert et al. 2013) et à une aggravation des atteintes de la réponse vasculaire à la pression dans le diabète (Demiot et al.2006) et le vieillissement (Fromy et al. 2010).

Sur la base de nos résultats (Fromy et al. 2012, figure), nous émettons l’hypothèse que les capacités neurovasculaires de la microcirculation cutanée sont abolies en territoire paralysé (risque élevé d’escarres) et conservées en territoire non paralysé chez le patient paraplégique complet. Aucune étude n’a été réalisée pour le démontrer à ce jour. Notre objectif est d’étudier cette hypothèse chez les patients paraplégiques et d’évaluer si les altérations neurovasculaires cutanées seront corrélées au risque d’escarres (évalué par une échelle de risque clinique standard).

Une étude pilote (Vouillarmet et al. 2019) a révélé qu’une altération prononcée de la réponse neurovasculaire à la pression chez les patients diabétiques atteints d’ulcère du pied est un bon marqueur de vulnérabilité cutanée et pourrait être utilisée pour mieux prédire les individus à risque d’escarres. Nous poursuivons actuellement cette étude pour valider cette hypothèse par un suivi de 3 ans de patients diabétiques sans antécédent de d’ulcère du pied diabétique au moment du recrutement et corrélant la réponse neurovasculaire à la survenue d’un ulcère du pied.

Schéma illustrant la réponse microvasculaire à une pression locale non douloureuse appliquée sur la peau